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02.08.10

Chapitre 4 Flâneries…

Flâneries le long de l’Adriatique en compagnie de la première croisade

 

EC 4a Nous allons d’abord flâner sur la toile du côté d’Antioche (L) puisque c’est là que tout a commencé. Nous sommes comblées  par le nombre de sites proposés. Il est incroyable qu’Antakya, bourgade turque de la province de Hatay située à quelques encablures de la frontière syrienne ait pu avoir jadis autant d’importance pour la chrétienté. Cela explique l’acharnement des croisés assiégeant dix kilomètres de remparts agrémentés de 400 tours pendant plus de six mois. Il a fallu qu’un garde arménien trahisse et ouvre une porte de la ville pour qu’elle soit prise et qu’un bain de sang s’ensuive.
Contre l’avis d’Adhémar de Monteil, de Raymond de Toulouse (L) et de Godefroid de Bouillon, Bohémond de Tarente réussi à s’approprier la ville pourtant promise à Alexis 1er. Afin d’atténuer la colère de Byzance (L), Adhémar pèse de tout son poids de légat pour obtenir la réinstallation de Jean l’Oxite comme patriarche de Saint Pierre d’Antioche.
Qui est pris qui croyait prendre, peu de temps après avoir conquis Antioche, les croisés se retrouvent à leur tour assiégés. Dans ces circonstances, les visions du moine Pierre Barthélémy(L) arrivent à point nommé. Saint André lui révèle que la Sainte lance est enfouie sous le sol de la cathédrale Saint- Pierre d’Antioche. Ensuite, au moment ou l’estomac des combattants de Dieu crie famine, le Saint réapparaît à Barthélémy pour ordonner aux croisés d’observer un jeun de cinq jours en gage de salut.
Un météore tombe alors à pic. Elle éclaire le camp ennemi et confirme le bon présage aux yeux des chrétiens.
Adhémar n’a pas pu pas être dupe car il avait vu la Sainte lance (L) à Constantinople. Elle sera plus tard acquise par Saint Louis et transférée avec d’autres reliques à la Sainte Chapelle à Paris. Mais le légat va plus que laisser croire. Il confie à des proches, Etienne de Valence et Guillaume d’Orange le soin de creuser sous la cathédrale Saint Pierre d’où ils exhument une soit disant Sainte lance. C’est le moment choisi par les croisés pour surprendre les armées turques qui les assiègent. Ils organisent une sortie dont Raymond d’Aguiles, chapelain d’Adhémar prend la tête en brandissant la pseudo relique. Est-ce une mise en scène destinée à instrumentaliser la foi des croisés à des fins purement militaire ?  Et que signifie le testament de Gouffier dans ce contexte ?
Le premier août 1098 Adhémar de Monteil (L) meurt probablement victime d’une épidémie de typhus. Ses funérailles sont grandioses. Elles se déroulent dans l’église dédiée à Saint Pierre, premier évêque d’Antioche. Cette cité passe pour être l’un des plus anciens patriarcats où pour la première fois le nom de « chrétiens » a été attribué aux disciples de Jésus qui ont creusé un souterrain sous l’église Saint-Pierre afin de pouvoir fuir et éviter bien des sévices.
 Notre général Samuel est content de nous, et commente :
- Cela confirme mon opinion sur Adhémar de Monteil. Même s’il est décrit par ses contemporains comme un fin diplomate très attaché à la foi, je le crois surtout homme de pouvoir parfaitement à l’aise pour manipuler le fanatisme religieux. Il était donc capable d’utiliser Gouffier pour une raison qui nous échappe encore.  La teneur du parchemin nous en apprendra peut-être plus. Entre temps, voyons du côté de Svac s’il y a quelque chose à glaner. Sur ce… si nous dînions !
EC 4b Sur cet encouragement sans ambiguïté nous lui promettons de nous mettre virtuellement en chemin pour Svac dès le lendemain.
Après bien des tâtonnements, nous finissons par découvrir qu’il ne reste que des ruines de cette cité médiévale située dans une ancienne province byzantine, connue également sous le nom de Prévalitana. Elle couvrait une partie du Monténégro et de l’Albanie actuels. Les quelques informations sur les sites  auxquels nous accédons semblent indiquer que cette cité proche de la route romaine :  Olcinium (auourd’hui Ulcinj) qui aurait été fondée par une tribu Illyrienne, ce qui reste à prouver. Devenue évêché en 1067, conquise par les slaves aux alentours de 1183 elle a été détruite par les Mongols en 1242.  Restaurée selon certains par Hélène d’Anjou au XIIIe siècle, la ville a été dévastée par la conquête turque de 1571 puis abandonnée.
Elle est aujourd’hui sous l’administration de la ville d’Ulcinj au Monténégro. Nous notons aussi qu’entre Raguse (Dubrovnik) et Dyrrachium (Durazzo), les armées de la première croisade y ont fait une halte. 
Pour compenser notre déception d’avoir découvert si peu de chose à propos de Svac, nous reportons nos espoirs sur l’examen du déroulement de la croisade de notre aïeul sous la bannière de Raymond de Saint Gilles comte de Toulouse.
Après avoir traversé l’Italie du nord, l’Istrie, la Croatie, la Dalmatie, l’Albanie et la Macédoine, son armée arrive à Constantinople en avril 1097. Elle suit de près les armées de Godefroid de Bouillon et de Bohémond de Tarente mais précéde d’une courte tête celle d’Hugues de Vermandois. La première croisade dite croisade des barons (L) était donc composée de quatre armées distinctes de vingt à trente mille personnes qui ont rallié Constantinople selon des itinéraires différents. 
L’appartenance d’Adhémar de Monteil à la famille des comtes de Valentinois alliée depuis des lustres du comté de Toulouse le destinait naturellement à partir en octobre 1096 avec la croisade dite « provençale ». Elle compte dans ses rangs outre Gouffier de Lastours, les principaux seigneurs de langue d’oc : Rambaud, comte d’Orange(L), le marquis des Baux(L), Gaston de Béarn, Gérard de Roussillon, Guillaume de Montpellier, Raymond du Forez, Isoard de Gap, etc. sans oublier Raymond d’Aguiles, chapelain d’Adhémar, chroniqueur de l’épopée.
Il faut imaginer l’équivalent de la population d’une ville moyenne se déplaçant d’environ quinze kilomètres chaque jour sur le tracé d’une ancienne voie romaine. Malgré une logistique parfaitement organisée et partiellement prise en charge par Alexis 1er  sur la fin du périple, on peut comprendre le trouble et les réactions des populations autochtones invitées ou contraintes à nourrir cette envahissante cohorte. 
Les historiens omettent souvent de préciser que beaucoup de femmes, épouses, servantes, prostituées et autres aventurières ont participé à cette épopée en y jouant un rôle aussi actif que les hommes. Dans ses mémoires, Anne de Commène (L), fille de l’empereur Alexis 1er écrit que de nombreuses femmes combattaient comme des soldats, ramenant des déserteurs au cœur de la bataille,  escaladant des remparts pour porter munitions et vivres ou encore soignant des blessés. Au même titre que  les hommes elles ont couru les périls d’être tuées, faites prisonnières, ou réduites à l’esclavage.
Alors que la troupe approche de Constantinople, aux alentours de Pelagonia, lors d’une escarmouche avec les Petchenègues(L) Adhémar de Monteil est blessé à la tête. Immobilisé à Salonique pour soigner ses blessures, il ne peut empêcher les Provençaux de s’entretuer un peu avec les chrétiens d’orient à Rossa (Keshân). Il s’ensuit une petite fâcherie entre Raymond de Toulouse et Alexis 1er qui va à l’encontre de la stratégie de réconciliation avec Byzance prônée par le légat.
Adhémar se rétabli assez rapidement et arrive à Constantinople à temps pour remettre l’ordre que Dieu veut dans les esprits. Pour que Rome soit contente, tous les chefs de guerre font allégeance à Alexis 1er  , sauf Raymond de Toulouse.
EC 4c Il ne nous reste plus qu’à mettre en ordre ce puzzle pour découvrir si le testament de Gouffier en constitue une pièce. Pris à ce jeu, nous décidons avec Samuel de passer nos prochaines vacances de noël en Turquie en faisant un détour par Svac au retour dans l’espoir de trouver de nouvelles pistes en souhaitant que d’ici là Bernard Laudinier aura déchiffré le texte du parchemin. 
Une question reste en suspend : la légende du chevalier au lion a-t-elle un sens caché ? Dès son retour à Périgueux(L), Rosine promet de s’occuper de la question.
 Quelques jours plus tard Roger Ludwig vient aux nouvelles et nous informe que le nonce souhaite nous revoir après les fêtes de fin d’année.

One Response to “Chapitre 4 Flâneries…”

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